Pour cette nouvelle rubrique, SVJ le site vous fait découvrir les secrets de fabrication des maquettes, accessoires et autres costumes fabriqués par des bidouilleurs talentueux aux 4 coins du monde. Pour ce premier épisode, on s’intéresse au Gravity gun, une arme bien barrée, de la saga de jeux Half Life.
L’objet : le gravity gun
Dans le second volet de ses aventures, Gordon Freeman, le héros du jeu, se voyait remettre un « manipulateur de champ d’énergie à point zéro », l’une des armes les plus originales jamais vues dans un jeu vidéo. Appelé aussi gravity gun, ce dernier permettait d’attraper des objets lourds à distance et de les propulser sur ses ennemis à une vitesse souvent mortelle. On se faisait alors une joie un peu sadique de découper des zombies en deux en leur balançant des scies circulaires ou bien on les envoyait en orbite avec une bouteille de gaz explosif.
Le créateur : Harrison Krix
Cet américain de 29 ans est assez connu dans la communauté des cosplayeurs (des fans de fiction qui se déguisent comme leurs personnages favoris). En effet, il se définit lui-même comme un « prop artist », c’est-à-dire un artiste de l’accessoire. Sur son site volpinprops.net vous pouvez admirer ses autres créations comme des casques fonctionnels des Daft Punk, un costume de Big Daddy (le méchant du jeu Bioshock) ou bien le portal gun des jeux Portal. C’est à l’occasion d’un concours organisé par Child’s play (une organisation caritative qui apporte des jouets et des jeux vidéo dans les hôpitaux pour enfants) qu’il a construit cette superbe réplique que vous pouvez admirer en vidéo :
Comment Harrison a-t-il fabriqué son gravity gun ? Il a d’abord récupéré toutes les infos sur la forme de l’objet à partir du modèle 3D extrait des fichiers du jeu mais aussi d’un plan aux dimensions exactes conçu par Tristan Reidford, l’un des designers du jeu. Pour vérifier si les dimensions sont les bonnes, il est même allé jusqu’à monter certaines pièces en papercraft (une maquette en papier). Avec les bonnes mesures en main, il a modélisé l’objet sur le logiciel Illustrator puis l’a « découpé » virtuellement en plusieurs morceaux afin de demander à une entreprise tiers de lui fabriquer les pièces. Ces dernières ont ensuite été découpées au laser dans une matière proche du Plexiglas.
En attendant de recevoir ces pièces, Harrison commence le moulage en plastique des parties rondes qui sont à la base de l’arme. Pour cela, il utilise des techniques de Vacuum forming ou moulage assisté par aspirateur en français. Il s’agit en fait de fabriquer un moule positif en bois et de le placer sur un socle plein de petits trous. On applique ensuite une plaque de plastique rendue malléable après un petit séjour au four. Une fois cette dernière mise en place, on enclenche un aspirateur qui enlève l’air et plaque le plastique sur le moule. L’avantage de cette méthode est de pouvoir produire la même pièce en série. Pour plus de détails sur cette technique vous pouvez voir cette vidéo.
Une fois les pièces fabriquées, elles sont montées sur un cylindre tronqué et agrémenté d’une poignée de vélo. Une seconde poignée, qui sert de détente, est aussi moulée puis assemblée avec une vis. D’autres moulages sont effectués afin de produire les espèces de griffes situées à l’avant de l’arme et les éléments du canon central qui sont censés être des cristaux extraterrestres. Il s’agit en fait de pièces en plastique transparent qui seront peintes en orange et qui accueilleront des petites leds.
L’assemblage commence avec l’arrivée des pièces commandées. Ces dernières sont collées à l’aide de pinces et d’un bloc en métal afin d’avoir un alignement impeccable. Le gravity gun commence à prendre forme mais beaucoup de travail reste à faire.
Il doit incorporer de nombreuses leds le long du canon ainsi qu’à l’embouchure et sur l’un des côtés de l’arme pour donner l’impression que l’objet fonctionne réellement. La partie électronique sera reliée à une carte Arduino mini dont le programme permettra de faire clignoter les lumières.
Avant de brancher le tout, Harrison s’occupe aussi du look de son joujou et lui donne un aspect usé et rouillé grâce à une peinture acrylique qui permet aux maquettistes de réaliser de nombreux effets.
Pour donner un effet encore plus « destroy » à sa création, il va même jusqu’à poser du faux chatterton (un papier adhésif argenté) sur la poignée et le compteur de l’engin. Pour cela il protège cette partie avec un léger papier adhésif et applique des petites bandes de résine pour plâtre qu’il va peindre en gris métallisé. Il ne reste plus qu’à coller l’ensemble sur le compteur.
Une fois la peinture sèche et les fils branchés, vous pouvez admirez un superbe gravity gun plus vrai que nature. Il ne reste plus qu’à chasser les zombies avec.
David-Julien Rahmil



















