Parfois, des images d’une surprenante beauté surgissent sans prévenir dans les labos. Comme on ne leur fait pas de place au musée, la Fédération des sociétés américaines pour la biologie expérimentale organise un concours nommé « Bio-Art ». Tous les labos de bio peuvent participer… Parmi les photos primées par le jury, voici notre sélection. Amusez-vous à deviner de quoi il s’agit.
Ça aurait pu être des bulles de savon, mais il s’agit de cellules humaines observées au microscope. En vert, ce sont des cellules souches « myoblastes », c’est-à-dire, celles permettant la fabrication de muscles. Les chercheurs tentent actuellement de créer des « usines » pour les fabriquer en grand nombre. Ainsi, ils pourraient subvenir aux besoins des malades sans avoir recours à des donneurs. Ici, les cellules souches sont soutenues par des « microporteurs » qui permettent leur croissance jusqu’au stade adulte.
Qu’est-ce que ces petits poissons du Gabon ont de si extraordinaire pour intéresser les chercheurs de l’Institut national des sciences médicales générales aux Etats-Unis ? Ils sont électriques, pardi ! Sur cette image, chaque spécimen est représenté avec un enregistrement de sa « signature électrique ». Si d’autres espèces se servent de cette capacité pour assommer leur proie avant de les dévorer (c’est le cas des aiguilles électriques), ces petits poissons l’utilisent surtout pour se diriger. Quand un objet se présente devant eux, il provoque une modification du champ électrique. Ainsi, les poissons peuvent l’éviter… Ils peuvent aussi localiser leur nourriture, et même communiquer entre eux !
Voici une belle vue d’un volcan extraterrestre. On peut y admirer également ses habitants qui s’y promènent… Mais non ! Il s’agit en fait d’une image montrant des fibres nerveuses (en bleu) qui convergent pour former le nerf optique d’une souris. En vert, ce sont les « microglies », les cellules responsables de la défense immunitaire dans le système nerveux central. Ce support a été créé dans le cadre d’une recherche pour traiter les glaucomes, une maladie de l’œil qui engendre la cécité. Ainsi, il se pourrait bien qu’une modification anormale de l’activité de ces microglies soit responsable de la détérioration du nerf optique, empêchant ainsi la transmission de l’information visuelle de l’œil au cerveau. Une piste à creuser pour les scientifiques.
Qui aurait cru qu’un bout de colon pouvait être si joli ? C’est pourtant bien ce que vous avez devant les yeux : un simple morceau de tube digestif Les chercheurs qui ont produits cette image souhaitent trouver un traitement contre les maladies inflammatoires de l’intestin et du tube digestif en général. Tout l’enjeu est de contrôler les réactions immunitaires non désirée contre les « bonnes bactéries ». Il y a du pain sur la planche.
Une petite dernière, beaucoup plus facile… Mais oui, il s’agit d’une patte. Celle d’un embryon de souris, en réalité. Elle a été colorée pour mettre en évidence muscles, os et nerfs. La seconde image représente le même membre reconstitué grâce à une collaboration entre les généticiens et les informaticiens qui souhaitent développer un atlas interactif en 3 dimensions du développement des membres. Plutôt joli, non ?
Vous voulez en voir plus? Le site de Bioart, c’est ici.
Marie Koenig
Crédits (dans l’ordre): Douglas B. Cowan, Harvard Medical School, Boston, MA ; Matthew E. Arnegard, Derrick J. Zwick, Ying Lu, and Harold H. Zakon; Alejandra Bosco and Monica L. Vetter, University of Utah, Salt Lake City, UT; The American Association of Immunologists on behalf of Mohammed Khan, Theodore S. Steiner, Ho Pan Sham, Kirk S. Bergstrom, Jingtian T. Huang, Kiran Assi, Bill Salh, Isabella T. Tai, Xiaoxia Li, and Bruce A. Vallance; A. Kelsey Lewis, Yong Wan, Mary Colasanto, Mark van Langeveld, Ronen Schweitzer, Charles D. Hansen, and Gabrielle Kardon








