J’ai un corps velu, huit pattes et je provoque une peur appelée l’arachnophobie, qui suis-je ? L’araignée ! Un animal souvent détesté mais qui est pourtant l’une des espèces les plus incroyables de la nature. Le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris fait la chasse aux idées reçues en vous faisant découvrir son univers, de façon à la fois scientifique et artistique. Peut-être qu’après avoir vu ça, vous aimerez cette petite bête. Enfin, petite…
Remarquez, c’est la première idée reçue à laquelle l’expo donne une claque: à bas l’image de la grosse mygale qui gigote de partout! Sur les 42 000 espèces existantes d’araignées, la plupart ont une taille minuscule (moins d’un centimètre). Mais au fait, à quoi reconnaît-on une araignée ? Lors de l’expo, vous pourrez admirer différentes espèces, vivantes et en photos, et constater qu’elles ont des traits communs : huit pattes (les insectes n’en ont que six), deux chélicères (des appendices à l’avant de la tête) pour injecter le venin et des filières (à l’arrière du corps) pour fabriquer les fils de soie.
Malgré ces caractéristiques, l’araignée est trop souvent confondue avec son cousin l’acarien qui lui donne mauvaise réputation. Bien qu’on l’entende parfois, elle ne peut pas pondre d’œufs sous la peau, mais l’acarien si ! Les fausses idées sont même très anciennes : c’est le cas pour la tarentelle, une danse collective connue depuis le 17e siècle et inventée pour guérir les victimes de morsure de la tarentule… une araignée qui n’y est en fait pour rien! Des médiateurs seront présents pour vous faire découvrir toutes sortes de contes et de légendes sur l’ « affreuse » bête.

Le jaune de l’araignée-crabe Misu-mena vatia ne surprend pas quand l’environnement lui-même est coloré. © Sébastien Damoiseau
Alors, à bas les clichés, l’araignée est quasi inoffensive : dix espèces peuvent être dangereuses pour l’Homme et elle cause la mort d’une seule personne chaque année dans le monde. Elle ferait donc peur uniquement dans notre imagination… influencée entre autre par le cinéma ! Souvenez-vous des monstrueuses créatures visibles dans “Indiana Jones” ou “Harry Potter”. On l’ignore souvent mais l’araignée nous est utile : elle limite la population d’insectes (elle en mange jusqu’à 40 fois son poids par jour !) ainsi que sa propre espèce en pratiquant le cannibalisme. Le mâle doit se méfier puisqu’après l’accouplement, il risque de se faire dévorer par la femelle ! L’araignée reste donc un sacré prédateur qui fabrique un piège (un cas presque unique chez les animaux) : la toile.
Mais l’araignée est aussi une proie qui a développé des techniques de survie, comme le mimétisme : elle se confond avec son environnement pour ne pas se faire repérer des prédateurs. Vous verrez qu’elle peut aussi finir dans nos assiettes, elle est même consommée frite ou en brochette en Asie.
Certains essaient de préserver l’araignée, à leur manière. Dans l’expo, vous pourrez voir une invention anglaise : une minuscule échelle pour qu’elle puisse sortir toute seule de la baignoire dans laquelle elle est malencontreusement tombée !
Si l’on en connaît autant sur les araignées, c’est parce qu’il existe des spécialistes qui passent de longues heures à les étudier : ce sont les arachnologues. On en compte seulement 6 en France. Dans les hautes herbes, ils traquent les araignées en balançant de gauche à droite une sorte de filet à papillons, appelé « filet fauchoir ». Mais pour celles qui se cachent dans les arbres ou les buissons, ils utilisent une sorte de parapluie. Ensuite, ils les aspirent à l’aide d’un aspirateur à bouche pour les récolter dans un récipient en verre.
Mais pourquoi capturer des araignées ? Les arachnologues étudient leur mode de vie et recherchent de nouvelles espèces. Quant aux industries, elles essaient de reproduire de manière synthétique le fil de soie (pour fabriquer des vêtements) et le venin, pour créer des traitements contre les maladies neurologiques et donc faire avancer la médecine !

... et à la technique de l’aspirateur à bouche après battage de branches au-dessus de la nappe du parapluie japonais (à droite). © MNHN
Au fil des araignées
Exposition du 5 octobre 2011 au 2 juillet 2012
Muséum National d’Histoire Naturelle – Grande galerie de l’Evolution
36 rue Geoffroy Saint-Hilaire – Paris Ve
9€ adulte, 7€ enfant
www.mnhn.fr
Lise Loumé
Articles relatifs
Salut, c'est Nico…Je...
Réservez votre week-...
(crédi...
A l'occasion de la g...
On en a reconstruit ...
La supraconductivité...
Une frissonnante exp...
SVJ l'a vue. Notre c...
Un spectacle en 3D q...
Saving...














C’est intéressant !!!