Baptiste, Paul, Clément et Gary. Quatre garçons âgés de 13 à 16 ans ont vu leur rêve devenir réalité : le 30 janvier dernier, ils ont remporté la 3ème place du concours de musique pour jeunes talents, Fallenfest.
En s’inscrivant il y a un an à Fallenfest, les membres du groupe de rock indé Indian Dream ne pensaient même pas passer le premier tour. Et pourtant, au fur et à mesure des étapes, leur nombre de fans a grandi. « Au début c’était nos potes, explique Baptiste, le chanteur et guitariste du groupe. Mais au dernier concert, le bouche-à-oreille a fonctionné et 200 personnes étaient là pour nous. »
Si vous êtes musicien et que vous n’avez pas encore entendu parler de Fallenfest, ne ratez pas ce qui suit. Créé il y a trois ans, Fallenfest est un concours qui permet de promouvoir les jeunes talents. Tous ceux qui le désirent peuvent s’inscrire sur le site internet (http://www.fallenfest.com/ rubrique « inscriptions »). C’est gratuit, et cela permet de se produire sur quelques unes des plus grandes scènes parisiennes comme la Cigale, l’Elysée-Montmartre ou le Trabendo. Tous les styles de musiques sont invités à se joindre au festival. Impossible de le manquer puisqu’il y a deux sessions de six mois par an. Les différents groupes s’affrontent en quatre étapes (sélection, quart-de-finale, demi-finale, finale) et accèdent à l’étape suivante en amassant un maximum de votes. Et les votes, c’est le public qui s’en charge. Chaque groupe a un tube de plexiglas attitré. Muni de 5 billes, chaque spectateur peut choisir d’avantager le groupe qu’il souhaite en versant une ou plusieurs billes dans un des tubes. A la fin de la soirée, c’est le groupe qui a le tube le plus rempli qui remporte l’étape. Simplissime mais efficace, chaque concert est l’occasion de voir évoluer les artistes et d’assister à des prestations de qualité.
Et cette année, Fallenfest a vu se produire Indian Dream. Agés de 13 à 16 ans, les membres du groupe étaient les plus jeunes de la session. Paul, 13 ans déclare même : « Je pense être le plus jeune bassiste à avoir jamais foulé la scène de l’Elysée-Montmartre ».
Jeunes certes. Mais pas insouciants pour autant. Cette bande de copains du Pré-st-Gervais a conscience du chemin parcouru et se remémore avec humour les débuts laborieux en janvier 2007. « On ne pouvait pas faire plus compliqué pour notre première chanson. Il n’y avait pas deux phrases pareilles. Et pour notre premier concert en juin 2007, on n’avait que trois chansons qu’on a jouées deux fois chacune pour que ça dure plus longtemps. »
Mais aujourd’hui, à les voir jouer, ils ont tout des vrais pros. Ils ont une quinzaine de chansons à leur répertoire, en français et en anglais. Et ça marche. S’inspirant des grandes figures du rock comme Arctic Monkeys, Nirvana, Jimi Hendrix, Guns N’ roses, Muse… leurs morceaux évoquent surtout « la vie des adolescents » comme l’explique Clément le batteur du groupe. « Les filles, les dangers de la drogue et certains délires comme la chanson « Hey mo ! » qui ne veut rien dire. » Ils ont aussi créé dernièrement leur première chanson engagée dont Baptiste avoue être très fier. « Ça parle de guerre et d’environnement mais en évitant les clichés habituels. »
Fallenfest a donc été le tournant de leur toute jeune carrière musicale. Ils quittent les bars du Pré-st-Gervais où ils ont l’habitude de se produire pour la Boule Noire, le Trabendo et l’Elysée-Montmartre. « Même s’il y a eu des soucis techniques et le stress de la finale qui nous a fait faire des erreurs, ça nous a clairement permis de progresser » explique Gary, guitariste et chœur.
Ainsi, cet été ils quitteront la cabane du fond du jardin de Baptiste qui leur sert de salle de répèt’ pour investir le Capitol Studio et effectuer les quatre jours et demi d’enregistrement professionnel qu’ils ont gagné. Même s’ils sont impatients d’enregistrer pour la première fois leurs chansons, ils gardent les pieds sur Terre. « On veut avant tout s’éclater mais autant le faire de manière pro. »
En réussissant à jongler entre les cours et leur passion, ils montrent que réaliser un rêve d’enfant n’est pas impossible quand on y met du cœur, de l’ardeur et un brin de « délire ».
Marine Ruaud
Prochain concert :
Samedi 13 mars au Batofar
http://www.youtube.com/watch?v=l79Pi_D9__8
http://www.myspace.com/indiandream999
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Derrière l’étiquette Fallenfest, il y a Capitol Studios Paris qui comme son nom ne l’indique pas est situé à St Ouen à côté d’un immeuble insalubre. Ces studios sont des studios de mastering et d’enregistrement qui ont subit la désaffection des maisons de disques et labels. La crise du disque n’aidant pas, on comprend l’intérêt de ces loueurs d’espace et prestataires de service pour faire rentrer le manque à gagner : le Fallenfest est né.
Avec Fallenfest, nous sommes au cœur du cynisme du milieu musical né d’abord dans les maisons de disques et qui s’étend désormais au milieu du spectacle vivant.
L’idée étant de surfer sur une donnée prophétisée par Andy Warhol: tout le monde aura son quart d’heure de gloire et de rajouter ou est prêt à la mesure de ces moyens à se payer ses minutes de gloire.
Cela se traduit par un calcul sur le volume, la quantité au détriment de la découverte, l’accompagnement, la qualité artistique.
Au final, nous avons le cas général : le parcours des groupes dépend uniquement de leur capacité à faire payer leur public. Pour preuve la typologie du public : des lycéens pour les groupes de teenage rock et les familles des musiciens soit en sommes des personnes déjà conquise et pas de nouveaux champs. Pas de diffusion de leur art, pas de communication ni de promo hormis celle que les groupes pourront faire, pas d’encadrement ou de direction artistique en somme de l’abattage pour cette « Nouvelle star du pauvre » ; pas d’éthique et une belle histoire marketée et vendue qui colle bien à l’époque et à l’attirance vers la starification formatée.
Pour les autres groupes, Fallenfest est dans la liste des tremplins comme Emerganza ou les dispositifs locaux.
Les groupes amateurs se retrouvent dans des studios désuets, dépassés et rêve de jouer dans des salles où ils ont vu leurs idoles musicales : l’illusion se paiera en prévente et durera le temps de 2 ou 3 concerts.
Le comble du cynisme est atteint lorsqu’on comprend que l’équipe semble aussi bercée de ces illusions. Ils sont très jeunes, de bonne foie, généralement stagiaires pour la technique et non professionnels dans la culture ou dans le spectacle vivant : une main d’œuvre corvéable qui ne se plaindra pas puisqu’elle réalise un rêve de papier mâché. Pendant ce temps, la direction, elle, en caresse un tout autre à l’instar de son grand frêre Emerganza : franchiser le système pour le vendre à qui voudra sans avoir à en gérer le déroulement. Nos exploitants de studios se font alors VRP, les masques tombent. Dans leur aigreur ces passionnés d’hier ont tourné le dos à la musique mais s’en défendent car il faut donner le change pour que leur ruse tienne. A la manière des ex babas devenus ultra capitaliste, ils conservent l’habit mais ont troqué leurs idéaux artistiques par avidité. D’ailleurs et c’est l’ultime constat d’échec de ce type de tremplin, les groupes émergents qui se professionnalisent restent très discret sur leur passage et les professionnels de la musique n’y accorde aucune crédibilité.
Intéressant cet article, merci beaucoup !
Merci beaucoup Marine pour cet article qui nous fait énormément chaud au cœur et qui nous fait également un bon coup de pub pour notre groupe. C’est vrai on est vraiment impatient d’enregistrer en studio (Capitol Studio Paris). On remerciera jamais assez l’équipe de SVJ pour cet article.
Merci.
Clément batteur Indian Dream
@mat:
Moi aussi!!!
C’est trop cool!!!…..
J’adore Science & vie juniore !!!!
Et vous ???
Moi aussi mais je vois pas le rapport