Des super-héros et l’horreur de la guerre

 Deux excellents films pointent le bout de leur pellicule cette semaine. Le premier, Chronicle, raconte l’histoire de trois lycéens américains qui découvrent un cratère de météorite. Après avoir patouillé l’étrange objet qui s’y trouve, les jeunes hommes sont soudain dotés d’un super-pouvoir de télékinésie. Ils peuvent désormais déplacer les objets à distance sans les toucher.

 

A partir de cette idée très simple, Josh Trank, le réalisateur, nous livre un film intelligent et original. Ici, pas de supervilain à combattre ni de mission héroïque pour sauver le monde. Tout tourne autour des personnages, pour une fois pas trop clichés, qui explorent l’étendue leurs pouvoirs. Léger au début, lorsque les adolescents font gentiment les idiots avec leur nouveau don, le film se noircit au fur et à mesure que l’intrigue avance. Bientôt grisés de puissance, le trio se retrouve petit à petit dépassé par ces pouvoirs. A ne pas rater !

Quant au second film, on vous prévient direct, c’est un spectacle difficile, qu’on ne peut conseiller qu’aux plus vieux d’entre vous (le film est interdit aux moins de 12 ans en France). “Au pays du sang et du miel” raconte, avec pour fil conducteur une histoire d’amour, le massacre des populations bosniaques par les militaires serbes dans les années 1990…

L’action se déroule en effet dans l’ancienne Yougoslavie, un pays fondé en 1918 et qui était une confédération de 6 républiques – vivaient là notamment les Bosniaques (musulmans en majorité), les Serbes, orthodoxes, et les Croates, catholiques. Une épouvantable guerre a éclaté en 1991 quand le chef de la république de Serbie d’alors, Milosevic, a voulu chasser les musulmans de Bosnie au seul profit des Serbes de Bosnie. La paix n’a été signée que fin 1995. En 1996  la Yougoslavie en tant qu’état n’existe plus, les républiques qui la formaient devenant indépendantes. Le siège de Sarajevo, capitale de la Bosnie, a fait pas moins de 12000 morts…

C’est la période épouvantable de l’histoire récente de l’Europe qu’Angelina Jolie a choisi de traiter dans son premier film comme réalisatrice. Franchement, elle s’en sort bien : « Au pays du sang et du miel » est exceptionnel, très documenté, mais absolument insoutenable. Exécutions sommaires, viols, camps de concentration… toute l’horreur de la guerre nous est jetée au visage de manière crue et brutale. Le film illustre parfaitement l’horreur du génocide, c’est du coup un monumental uppercut qu’on se ramasse dans l’estomac (voir aussi l’article « Etre ado à Sarajevo », SVJ 185, fév. 2005).

Erwan Lecomte

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"