Formidable “Wolfman”!

Le film est sorti depuis quelques semaines déjà, mais je ne l’ai vu que tout récemment. Et il m’a vraiment emballé!… Mais commençons par le commencement: l’histoire. Ça se passe quelque part dans la brumeuse lande anglaise, à la fin du 18ème siècle.

Le croulant manoir Talbot, où Sir John, veuf depuis des années, vit en quasi-ermite, est endeuillé. Ben – fils de Sir John – a été assassiné une nuit de pleine lune. Son acteur de frère, Larry, laisse tomber sa tournée en cours et rejoint sa terre natale pour découvrir ce qui s’est réellement passé. Bien sûr, la malédiction du loup garou ne va pas tarder à s’abattre sur lui…

Dans les années 30 et 40, la société de production américaine Universal s’était fait une spécialité des films de monstres: on leur doit de mémorables “Dracula”, “Frankenstein”, “l’Homme invisible” et bien sûr “le Loup Garou”, sorti en 1941, dont ce film est un remake.

Remake, vous avez dit remake… D’habitude, ça sent pas bon ça! Il faut dire que la plupart des remakes actuels ne sont que la remise au goût du jour de vieilles histoires: des effets en images de synthèses à gogo, un montage épileptique, une bande-originale garnie de tubes calibrés pour les radios. Le résultat? C’est souvent “beurk”!!!

Rien de tel avec ce “Wolfman” dont le projet était porté depuis des années par Benicio Del Toro. Le récent interprète du “Che” voulait vraiment faire un film “à la manière” de l’ancienne Universal. Et il y est parfaitement parvenu. On retrouve ici le goût des décors soignés (l’intérieur du manoir Talbot est un extraordinaire cabinet de curiosités), des scènes nocturnes où la silhouette de la bête se découpe sur le disque lunaire, des acteurs “à gueule” bien loin du standard hollywoodien actuel plébiscitant les endives façon Matt Damon ou Mark Wahlberg. Ah, il faut voir le buriné Anthony Hopkins (Sir John) demander à son fils Benicio de le regarder au fond des yeux pour vérifier que la mort de sa femme l’a laissé brisé à jamais… ça, c’est du numéro d’acteur!

Olivier Lascar

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"