Le nouveau Harry Potter: mortel…

Harry Potter et les reliques de la mort, 1ère partie.

Sortie le 24 novembre

Vous avez vu les affiches s’étaler un peu partout: le 7ème et dernier volet d’Harry Potter sort enfin au cinéma.

L’intrigue? La guerre si longtemps crainte entre magiciens a commencé: les Mangemorts de l’infâme (et immortel) Voldemort ont pris le contrôle du ministère de la Magie et même de Poudlard. Ils terrorisent et arrêtent ceux qui osent s’opposer à  eux. Mais Harry, Ron et Hermione leur ont échappé. Seuls, sans les conseils et la protection de leurs profs, ils entreprennent de découvrir, pour la détruire, la clé de l’immortalité de Voldemort…

Il y a deux façons de voir cet Harry Potter. La première: on est un inconditionnel de la série. Chaque nouveau film procure alors le plaisir de s’immerger, deux heures durant, dans l’univers familier inventé par J.K. Rowling. Retrouver Harry est comme revoir un vieil ami, qu’on n’avait pas croisé depuis un an d’absence. Il peut avoir l’air un peu moins frais que la dernière fois qu’on l’a croisé, quelle importance?

L’autre façon, c’est de juger ce film comme n’importe quel autre. Et là, franchement, c’est la claque. Car ces “reliques de la mort” sont mortellement ennuyeuses. Passé le premier quart d’heure (avec une séquence émoustillante où tous les affreux sont réunis autour de Voldemort à Poudlard), commence la quête solitaire des trois jeunes sorciers. A partir de là, il ne se passe à peu près rien; ça n’empêche pas le film de durer 2h25! Seul un épisode au cœur du ministère de la magie, où Harry et ses deux copains doivent prendre l’apparence de fonctionnaire pour passer inaperçu, parvient à égayer un peu le spectateur. Daniel Radcliffe (Harry), Rupert Grint (Ron) et Emma Watson (Hermione) sont de forts honorables comédiens, mais ils sont livrés à eux-même pendant presque la totalité du film et c’est trop.

L’autre problème de ces “reliques” est d’être d’une pesanteur injustifiée. L’image est grise, la musique est digne de funérailles, c’est filmé et monté comme si on était en plein drame existentiel. Je veux bien que l’intrigue tricotée par Rowling est de plus en plus sombre à mesure que l’on avance dans la saga, ce n’est quand même pas du Shakespeare, mince! Du coup, ce décalage entre le fond et la forme amène parfois le film aux frontières du ridicule. Comme lorsque Harry et Hermione esquissent un pas de danse, dans un campement perdu dans une forêt inhospitalière, pour briser leur solitude au son d’un transistor grésillant.

Bon, j’arrête là, je sens que je suis en train de me faire des ennemis (n’hésitez pas à me pourrir d’emails!). Mais le film tire tellement en longueur qu’on se demande franchement pourquoi l’avoir fait en deux parties (le deuxième opus sort en juillet)! OK, “les reliques de la mort” est le livre le plus long de la saga. Mais d’après ce que j’ai vu de la première partie, il n’y avait pas de quoi en faire deux films… Sauf qu’évidemment les producteurs sont trop chagrins de voir disparaître la poule aux œufs d’or. Alors deux films, c’est l’assurance presque mécanique de faire quasiment deux fois plus d’entrées. Un jackpot assuré pour ceux qui financent l’affaire. Pas sûr que les fans d’Harry en sortent gagnant.

Olivier Lascar

Articles relatifs

Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"