Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant. Brandissant son marteau magique Mjölnir, il ne recule devant aucun acte de bravoure. Mais un jour il va trop loin et rompt la paix de son peuple avec les géants de glace de Jotunheim. Banni et envoyé sur Terre par son père Odin, le roi d’Asgard, il est condamné à vivre parmi les humains. Lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en héros…
Les lecteurs des BD Marvel connaissent Thor. Pour les autres, rappelons que le super-héros est l’adaptation d’une figure de la mythologie nordique, le dieu Thor, que vénéraient les vikings. Moins connu que Spider-Man ou les 4 Fantastiques, Thor est donc le nouveau personnage du panthéon Marvel à avoir droit à son blockbuster. D’un certain point de vue, c’est logique : le film de super-héros est devenu un tel filon que tous les personnages sont adaptés au ciné, les uns après les autres. Mais dans le cas de Thor, le projet pouvait sembler particulièrement « casse-binette ». Avec son casque à ailettes, on attend plutôt ce blondinet comme figurant au parc Astérix que premier rôle dans une superproduction ! Pourtant, je suis sorti de la projection avec un sourire bête aux lèvres : pour moi, le film est sacrément réussi, car il est porté par plusieurs éléments gagnants.
- Un réalisateur inspiré
Il s’appelle Kenneth Branagh et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne l’attendait pas là ! Cet anglais est mondialement connu pour son amour de Shakespeare, qu’il joue au théâtre et au ciné (aussi bien comme acteur que metteur en scène) depuis qu’il a 23 ans (il est né en 1960). Passer du vieux William à Stan Lee, le fameux scénariste de Marvel, c’est violent ! Pourtant, Branagh s’en est parfaitement tiré. Mieux, il a instillé à ses personnages et à son intrigue une profondeur inattendue, établissant ainsi d’étranges ponts entre les personnages du film et ceux de Shakespeare. Loki, le frère retord qui s’efforce de précipiter la chute de Thor en le manipulant, est une version comics de Iago, le « méchant » de la pièce Othello (on a rencontré Branagh, cliquez ici pour voir son interview).
- Une imagerie réussie
Pour arriver à Asgard, il faut franchir un pont « arc-en-ciel » du plus bel effet dans les planches de BD (créée par feu Jack Kirby). L’équipe des effets spéciaux a trouvé une très belle équivalence cinématographique, semblable à un prisme irisé à la fois original et beau. D’une façon générale, le monde d’Asgard ne sombre jamais dans le kitsch (quoique, certains costumes…) et les images d’un monde fantastique donnent lieu à des scènes pleine de souffle. Par exemple lorsque Odin déboule dans un rayon de lumière dans l’univers des géants de glace pour sauver in extremis Thor et les guerriers asgardiens… En revanche, laissez tomber la 3D : elle n’apporte rien au film et vous économiserez quelques euros.
- Un ton léger et naïf proche des bédés
Les héros des BD Marvel créées dans les années 50 et 60 sont connues pour être des « héros à problème » – Spider-Man est un ado toujours à cours d’argent, les X-men sont considérés comme des parias par la société, etc. Mais c’était aussi un univers rafraichissant par sa naïveté (les gars sont fringués comme à carnaval, mais on y croit !). On retrouve un peu de ça dans les films directement produits par Marvel – avant « Thor », il y a eu « l’incroyable Hulk » et « Iron Man » 1 et 2. Rappelez-vous d’ailleurs « Iron Man », quand le héros, au début du film, construit son exosquelette alors qu’il est captif dans une grotte d’Afghanistan. C’est 100% improbable mais c’est amené d’une telle façon qu’on est prêt à le croire. Même chose dans « Thor » où les personnages bariolés et les régulières touches d’humour montrent qu’on n’est pas là pour se prendre au sérieux.
Thor, un film de Kenneth Branagh, sortie le 27 avril
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