X-Men : le commencement

Après Wolverine, le professeur Xavier et Magnéto sont sans doute les plus célèbres des X-Men. Le premier, télépathe cloué dans un fauteuil roulant, a fondé la célèbre université où les jeunes mutants apprennent à dominer leur pouvoir, afin de vivre en bonne entente avec le reste de la société. Le second, qui contrôle le métal à distance, voit les êtres humains « normaux » comme des adversaires : ils doivent disparaître pour laisser la place aux mutants.

Deux points de vue diamétralement opposé ! D’où des bastons sans fin qui durent depuis 50 ans dans les BD Marvel. Et depuis 10 ans au cinéma, dans X-Men (2000), X-Men 2 (2003) et X-Men : l’affrontement final (2006) où on était habitué à voir Magnéto et Xavier sous les traits des fringants sexagénaires Ian McKellen et Patrick Stewart.

Ces deux pointures, on ne les retrouve pas dans ce nouvel opus de la saga. Ils ont laissé la place aux jeunes ! « X-Men : le commencement », c’est en effet l’épisode « zéro » des X-Men : situé dans les années 60, il se déroule avant la trilogie déjà sortie. On y découvre la jeunesse de Magnéto et de Xavier et comment les deux mutants, d’abord associés, finissent par s’opposer.

Et ça donne quoi ? Du bon spectacle ! D’abord grâce à l’interprétation : Michael Fassbender et James MacAvoy sont excellents dans les rôles de Magnéto et Xavier. Face à eux, le plus rodé Kevin Bacon compose un super méchant qu’on a du plaisir à détester. Sebastian Shaw, c’est le nom de son personnage, ourdi depuis son yacht privé (digne du Titanic) un complot visant – évidemment – à détruire le monde : il fait tout pour provoquer un conflit nucléaire entre les américains et les soviétiques – n’oubliez pas qu’on est dans les années 60. Magnéto et Xavier, dans leur traque de Shaw, passent alors de l’Argentine à la Suisse, de Cuba à la Floride dans un récit qui évoque irrésistiblement les premiers James Bond, ceux avec Sean Connery.

Voilà bien la formule gagnante de « X-Men : le commencement » : il s’agit d’un « 007 » où les personnages seraient dotés de supers pouvoirs ! C’est marrant d’ailleurs de constater cette nouvelle tendance, à l’heure où le film de super-héros est devenu un genre en lui-même. Les cinéastes ne se contentent plus de raconter des affrontements entre personnages vêtus de collants multicolores. Ils les utilisent pour bâtir des histoires qui débordent du cadre strict des comics. « Dark Knight » était ainsi un film de guerre urbaine à la sauce super-héros ; « Thor » une histoire d’héroïc fantasy. Une sorte de « genre » dans le « genre », façon poupée gigogne, qui renouvelle la recette de façon astucieuse !

X-Men : le commencement

Un film de Matthew Vaughn, sortie le 1er juin.

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"