Facebook tient à votre vie… virtuelle

Il y a peu, l’internaute soucieux de récupérer un semblant de vie réelle avait le choix. Il pouvait trucider son double virtuel avec honneur et humour grâce aux sites Web 2.0 Suicide Machine ou au plus poétique Seppukoo.com.

Si ce dernier permettait de désactiver son compte – soit une mise en veille que l’on peut réactiver à tout moment – Suicide Machine proposait carrément de supprimer son compte de façon définitive (et plus directement qu’avec la procédure classique proposée par Facebook). Une fois ses identifiants tapés sur ces sites, l’internaute pouvait assister à l’effacement de toutes ses données une par une et l’affichage d’une page dédiée à la mémoire de son avatar avec ses derniers mots.  (Vidéo de démo )
Malheureusement, Facebook n’a pas vraiment apprécié de voir se déclarer une pandémie de suicides virtuels. Il faut dire que Seppukoo revendique plus de 20 000 désactivations et Suicide Machine 58 000 suppressions. Le plus grand des réseaux sociaux est donc entré en guerre contre ces sites internet qui vous permettent de mettre fin à votre vie 2.0.
Le 16 décembre Seppukoo se voit donc rayé de l’univers Facebook. Non seulement les internautes ne peuvent plus utiliser le site pour désactiver leur compte mais en plus, ils sont frappés par la censure et n’ont plus le droit de poster un lien vers Seppukoo depuis Facebook. Les Liens Invisibles, un duo d’artistes italiens à l’origine du site de suicide virtuel, sont d’ailleurs menacés de poursuites judiciaires par la firme de Mark Zuckerberg qui les accuse de ”phishing” (ou hameçonnage en français), une technique consistant à tromper les internautes afin utiliser à des fins peu scrupuleuses les adresses mails et les mots de passe recueillis.
De son côté, Web 2.0 Suicide Machine a aussi reçu une lettre de Facebook lui demandant de retirer tous ses liens vers le réseau social. Bien qu’il ne permette plus de tuer son avatar sur Facebook, le site continue toutefois de proposer le même service pour d’autres réseaux sociaux tels que My Space ou Twitter. http://vimeo.com/8392741.
Si l’accusation de phishing n’est pas réellement prouvée, on comprend aisément pourquoi le réseau social ne souhaite pas voir ses abonnés se faire hara kiri. En effet, ces derniers lui permettent d’engranger de confortables revenus grâce à la vente des données personnelles aux publicitaires. Une désaffection massive parmi les 250 millions d’abonnés pourrait lui être fatale d’autant que le géant bleu doit entrer en bourse d’ici 2012.
Ainsi, les internautes que nous sommes sont très fortement encouragés à ne pas tuer leur avatar. Cependant, Facebook rappelle à ceux qui voudraient vraiment décrocher de leur vie virtuelle (du moins quelques jours ) qu’ils peuvent désactiver ou supprimer leur compte directement depuis les options de leur profil. Ces procédures sont bien évidemment beaucoup moins drôles que ce que proposaient les sites de suicides mais visiblement le géant bleu ne badine pas avec la mort 2.0.

David-Julien Rahmil

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"