Il était un petit navire…

Un bateau en papier géant qui navigue le long de la Tamise… Un canular ? Un photomontage ? Eh bien non, rien de tout cela. Il s’agit de la performance d’un artiste Allemand, Frank Bölter, qu’il a appelée « To The World’s End » (Jusqu’au bout du monde). Elle se déroulait lors d’une exposition artistique qui se tient deux fois par an sur la Tamise, à Londres (son nom: DRIFT10).

En fabricant son bateau, Frank Bölter avait deux objectifs. D’abord produire une œuvre rappelant l’enfance mais aussi organiser « le sauvetage d’un matériau » selon ses propres termes. « Un matin, j’étais assis devant mon café et un pack de lait. Le carton était vide, j’avais l’intention de le jeter à la poubelle mais quelque chose m’a arrêté, nous raconte Frank Bölter J’ai commencé à déchirer le pack pour en apprendre d’avantage sur ce matériau. C’est un mélange très intéressant de carton et d’aluminium recouvert de plastique. Cela le rend résistant à l’eau. J’ai commencé à le triturer, le plier. J’ai pensé au petit bateau en papier que tout le monde connait”… Et voilà, c’était le début de l’idée d’un origami surdimensionné ! L’industrie a développé cette brique de lait dans le but de conserver des liquides et de gagner de l’argent… J’essaie moi d’utiliser leur produit pour une idée poétique, loin d’un but commercial », s’enflamme Frank.

L’artiste a alors contacté une société spécialisée, appelée Walki, qui a produit en grande quantité un papier aux même caractéristiques que celui du pack de lait. Conclusion: inutile d’essayer de reproduire le maousse bateau chez vous en agrafant des feuilles de votre imprimante. Une fois le papier mouillé, avec le poids de votre corps, vous avez toutes les chances de passer au travers de votre embarcation !

Pour en revenir à l’œuvre de Frank, elle pèse quand même 70 kg pour une longueur de 10 mètres. Du coup, Frank s’est fait aider par le public pour l’assembler ! Une fois à l’eau, le bateau en origami se fait tracter par un autre bateau, et c’est parti !… Alors, à quand l’avion en papier géant pour survoler la Tour Eiffel ?

PS: Le petit plus : Frank a voyagé entre la France et l’Allemagne avec son bateau et il a même tenu un journal de bord. Pour les meilleurs en anglais : le journal de Frank.

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Marie Koenig