Les mèmes Internet – 2ème partie

Quel est le point commun entre un chat dans un gâteau, un jeune qui chante devant son ordinateur et un Obi Wan Kenobi qui fait des sales blagues ? . Ce sont tous des morceaux d’information qui se répandent sur le web à la manière d’un virus et qui envahissent peu à peu notre quotidien. On les appelle aussi « les mèmes ». SVJ vous explique ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent et comment ils vont être utilisés à l’avenir.

Partie 2 – Comment naissent les mèmes ?

Il y a même un T-shirt inspiré de ce mème !

David Horvitz  est un artiste new yorkais un peu excentrique. En mars 2009, il prend une photo de sa tête dans son congélateur et la publie sur le site Flickr avec la note suivante : «Prenez une photo de vous, la tête dans le congélateur, puis mettez-la sur le Net en la nommant 241543903. Toute personne tapant cette suite de chiffres dans un moteur de recherche tombera sur des photos de gens la tête dans le congélateur. Je viens de le faire. » Si vous voulez voir le résultat, rendez-vous sur Google image et tapez donc cette suite de chiffres. Aussitôt apparaissent des centaines de photos venant des 4 coins du monde et qui reproduisent cette blague. En quelques clics, notre artiste a donné naissance à un mème.

Ça semble simple ? Et bien détrompez-vous, c’est tout le contraire ! On ne sait toujours pas pourquoi une image, une vidéo ou bien une simple idée peut devenir un mème et entraîner la participation des internautes. Cependant plusieurs spécialistes sont d’ores et déjà en train d’étudier le phénomène a l’instar de Vincent Glad, un journaliste spécialisé dans la culture web qui écrit un mémoire universitaire sur ce phénomène.

« La meilleure comparaison que l’on peut appliquer à un mème est sans doute une blague de cours de récré », explique-t-il «  On ne sait jamais vraiment qui l’a dite en premier mais en général tout le monde la connaît très vite et elle finit par se modifier et changer en fonction de celui qui la raconte. » Cette comparaison est partagée par Cyril Rimbaud, webmaster et consultant en e-marketing, qui étudie de près ces phénomènes : « souvent, les images ou les vidéos qui marchent bien sur le net forment ce qu’on appelle un oxymoron : il s’agit d’une figure de style qui oppose deux choses très fortement et qui créé un étonnement ou une stupéfaction qui fait que les gens le mémorisent facilement. » Pour ceux qui n’ont pas fait de grec (il y en a !) rappelons qu’un oxymore désigne une chose « maligne et spirituelle sous une apparente stupidité »…

Ainsi la fameuse vidéo du trololo man est un parfait exemple d’oxymoron d’après Cyril. « Elle met en scène le chanteur Eduard Anatolievitch Khil habillé avec un vieux costard des années 70 ultra sérieux dans un décor kitsch et qui se met à chanter une chanson totalement folle à base de « trololo » en play back ».

 

Une fois que l’image ou la vidéo est  trouvée par une communauté d’internautes, ces derniers vont alors jouer avec en la remixant. « Le mème introduit souvent une notion de jeu avec une règle très simple que les internautes doivent suivre », indique Vincent Glad. « Voilà pourquoi les lol cat ont très bien marché ; la règle du jeu est très simple. Il suffit d’une photo de chat et d’une phrase incrustée par-dessus. » Pour le coup la règle du jeu du trololo man était évolutive. Au début elle est utilisée comme une blague que l’on veut faire aux autres internautes en les renvoyant vers le clip grâce à un lien anodin (cette blague est connue sous le nom de rickrolling car elle fut d’abord utilisée avec ce clip de Rick Ashley « never gonna give you up » ). Par la suite, le clip du trololo man a été détourné puis réutilisé dans un autre contexte comme cette hilarante reprise de star wars.

 

Attention cependant, si beaucoup d’internautes participent à la diffusion des mèmes, seuls quelques-uns les élaborent. Pour les concevoir il faut savoir manier un minimum photoshop ou bien connaître des logiciels de montage vidéo. « Il s’agit surtout de jeunes, d’étudiants ou bien de professionnels de l’image, comme des graphistes, qui passent beaucoup de temps sur Internet » indique Vincent Glad. Ces derniers sont principalement motivés par deux choses : le lol et le lulz. Le premier désigne une bonne blague qui va circuler sur internet, l’autre désigne une moquerie un brin vacharde. Ces deux éléments constituent les piliers d’une nouvelle culture entièrement née sur Internet et qui utilise les mèmes comme moyen d’expression. 

 

Dans le prochain épisode : une nouvelle culture grâce aux mèmes.

David-Julien Rahmil

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"