Des bédés pour l’automne

Si vous êtes pris d’une envie de bulles et de petits mickey, voici quelques BD que la rédac a sélectionnées pour vous.

Blacksad

L’Enfer, le silence – tome 4

De Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido (éd. Dargaud)

Tome 4 : l'Enfer, le silenceCinq longues années d’attente, et enfin le nouveau Blacksad débarque en librairie. C’est peu dire qu’on le guettait. Créée il y a tout juste 10 ans, cette série au ton de polar adulte nous plonge dans une Amérique des années 50 peuplée de bipèdes aux traits animaux. On aurait pu craindre le pire; tout au contraire, c’est le meilleur qui en est sorti tant le crayon agile du dessinateur Guarnido sait donner aux bestioles l’expressivité des malfrats et des pin up. Cette fois, le héros John Blacksad, matou au poil noir comme la suie, traîne ses pattes en Louisiane, en pleine Nouvelle-Orléans. Le producteur de jazz Lachapelle – un bouc – lui demande de retrouver l’un de ses artistes, le pianiste Sebastian Fletcher, disparu sans laisser d’adresse. Bien entendu, on découvrira que ledit producteur n’a pas le museau très propre dans cette affaire… Du carnaval au vaudou, on donne à fond dans le folklore. Plus tortueux que d’habitude, le scénario multiplie les flash back jusqu’à la révélation finale ; mais la complication rend, hélas, plus rares ces somptueux morceaux de bravoure que sont les scènes de baston, où Guarnido, avec génie, sait offrir aux images fixes tout le mouvement du dessin animé. Bref, on ferme l’album un tantinet frustré (mais ravi d’apprendre qu’un tome 5 est en route). Si vous connaissiez Blacksad, ne ratez pas ce volume ; et si ce n’est pas le cas, ouvrez les trois premiers: vous allez découvrir une merveille, veinard(e), et on vous envie déjà !

Olivier Voizeux

Saison 3 : PouvoirsLe chant des Stryges

Saison 3, pouvoir

De Corbeyran, Guerineau, Malisan (éd. Delcourt)
L’ultime cycle du chant des Stryges débute avec ce 1er tome intitulé “Pouvoirs”. 7 ans déjà que l’empire financier Weltman qui pratiquait des expériences génétiques sur les Stryges (des monstres humanoïdes intelligents) a été démantelé. Depuis, l’hybride Debrah a fondé une véritable armée surentrainée à la capture des Stryges. Ces derniers s’organisent alors pour contre-attaquer… Au programme, complot, mystère, amour et trahison: la formule est connue et le récit souffre un peu du syndrome Lost: un mystère de résolu équivaut à tout un tas de nouvelles questions. Pour qui aime ce jeu d’énigmes en série, ces “Stryges…” valent le détour.

Marius Garrigue

Tome 12 : un monde parfaitWalking Dead, tome 13 – un monde parfait

Par Robert Kirkman et Charlie Adlard (éd. Delcourt)

Revoici les zombies. “Walking Dead” est un comics sur l’errance d’une bande d’humains, menée par Rick, dans une Amérique post-apocalyptique dévastée par les morts-vivants. On était franchement curieux de découvrir – en court de route, hein, c’est le tome 13 – cette bédé encensée par la critique. Effectivement, c’est plutôt bien fichu, spécialement en terme de narration: les auteurs dépeignent avec précision les relations des personnages les uns avec les autres (on se croirait presque dans une série télé). Question références, “Walking Dead” fait évidemment songer aux films de zombies de George Romero (“la nuit des morts vivants” et ses dérivés). Mais c’est surtout le film “la route” qui vient à l’esprit, l’adaptation du roman de Cormac McCarthy. Un voyage d’un père et de son fils sur les chemins d’une Amérique dévastée auquel renvoie de façon troublant les cases de “Walking Dead” consacrée à Rick et son rejeton.

Olivier Lascar

Tome 18 : Mamy bluesJojo, tome 18, Mamy Blues

Par Geerts et Salma (édi. Dupuy)

Comme l’indique le titre de l’album, la mamy de Jojo se paie une sale déprime. Surprise: la voilà qui gagne une croisière en Méditerranée. Elle embarque donc à Marseille en compagnie de Jojo et de son pote Gros-Louis pour une ballade riche en découvertes… A contre-courant des modes, l’espiègle Jojo fait le bonheur depuis des années des lecteurs de Spirou. Le dessin de Geerts (décédé juste avant la sortie de l’album) est emprunt d’une douce mélancolie qui donne à ses BD une présence toute particulière. Les petits et les grands lecteurs devraient y être sensibles.

Olivier Lascar

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