Hors-série n°96 – La matière en folie !

EDITO :

Notre conseil du jour: déguster ce hors-série un dimanche matin, au moment du petit-déjeuner. Faites-lui une place entre le bol de thé, la bouteille de miel et la boîte verseuse de sucre en poudre. Là, vous aurez tout ce qu’il faut pour réviser vos classiques sur la matière. Le sucre? Pas de doute, c’est un solide. Le thé ou le miel? Des liquides. Pour le gaz, c’est plus délicat, mais le nuage blanc qui s’élève du bol fumant n’est-il pas fait de vapeur d’eau ? Les trois états de la matière semblent bien au rendez-vous, et l’heure fatale, pour les tartines, peut maintenant sonner. En vérité, dans le monde des physiciens, tout ne va pas aussi facilement de soi. D’abord, comme vous le lirez dans notre article sur l’eau, la fumée au-dessus du bol n’est pas du gaz. Si le thé s’écoule avec aisance de votre cuiller, d’où vient que le miel, lui, a un comportement bien plus capricieux —au point qu’on en viendrait à douter de sa liquidité? Quant au sucre en poudre, sa simple capacité à s’écouler, tout comme le ferait un liquide, doit vous interroger sur sa nature profonde de solide.

Avec des yeux capables de pénétrer le monde microscopique, les complexités de la matière vous apparaîtraient davantage. Le verre qui héberge votre jus kiwi-mangue a, lui aussi, l’air bien solide mais ses atomes sont organisés à la manière d’un liquide, sans ordre précis. L’écran TV, allumé dans un coin du salon, fonctionne peut-être grâce à un quatrième état de la matière auquel vous n’avez jamais prêté attention —le «plasma», qui donne son nom au type d’écran. Sans oublier que, dans le frigo, la mayonnaise ou la mousse au chocolat forment d’exotiques (et fragiles) assemblages liquide-liquide ou solide-gaz. Eh oui, il n’est plus si commode de décrire la matière. Tournez la page et… bon appétit !

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