Le Web entier en est resté muet d’admiration. Trois étudiants de l’Université américaine de Cornell auraient mis au point un gant capable de traduire la langue des signes ! Bardé de capteurs, il serait capable d’analyser les gestes de son porteur lorsqu’il exprime dans la langue des signes. Et chaque mouvement étant reconnu, le dispositif peut ensuite les traduire en un signal audio diffusé par des hauts parleurs. Cette news était si surprenante que des dizaines de sites techno-geek l’on relayée comme s’il s’agissait de la septième merveille du monde. Sauf que, à y regarder de plus prêt, cette invention n’est pas si fantastique que cela. Tout d’abord, parce que le dispositif est super-volumineux. Difficile de s’imaginer équipé en permanence d’un tel barda. Ensuite parce que tout ce fatras de fil et de circuits imprimés peut certes traduire des lettres… mais pas des mots : le porteur du gant doit patiemment épeler chaque mot pour qu’un haut parleur puisse l’égrener lettre par lettre. Il ne comprend rien aux signes qui désignent des mots entiers. Du coup, on ne voit pas trop l’intérêt pour les sourds-muets, capables de parler avec les mains encore plus vite qu’un italien.
Autre petit problème : le gant pour sourds muets existe déjà depuis… 10 ans. Ryan Patterson, un jeune prodige de l’électronique américain a mis au point dès 2001 un système similaire et bien plus compact.
Invention qui lui vaudra une belle brochette de récompenses et pas moins de 300000 euros de bourses d’études diverses. Les signes reconnus par les capteurs de flexion s’affichent cette fois sur un écran LCD compact. Mais là encore, ces gants se contentent d’épeler les lettres. En plus, d’après le centre d’information sur la surdité, 80% des 25 millions de personnes sourdes et muettes dans le monde sont illettrées (il est plus difficile d’apprendre à lire et à écrire lorsque l’on n’entend pas). Communiquer par gestes c’est une chose, épeler les mots en est une autre ! Quatre sourds-muets sur cinq seraient donc incapables d’utiliser cette machine si elle était commercialisée !
Poursuivant notre enquête, nous avons dégotté un projet bien plus intéressant, commencé en septembre 2010 par quatre étudiants de l’ECE (Ecole centrale d’Electronique). Les jeunes ingénieurs ont mis au point un gant couplé à un système de traduction capable cette fois d’émettre… des phrases entières !
Présentation projet Show me a Sign
” Nous avons sélectionné un ensemble de phrases simples souvent utilisées, explique Vivien Maurice, l’un des concepteurs du projet. Par exemple, la machine comprend “bonjour, comment vas-tu ?” quand son porteur enchaîne les trois signes pour “bonjour”, “comment”, “toi”.
Fixés sur le gant, un accéléromètre 3 axes détermine les mouvements et la position de chaque main. Et un capteur de flexion mesure finement comment chaque doigt est plié ou non. Selon Vivien, le gant reconnaît les signes dans plus de 90% des cas. Les phrases ainsi signées sont traitées par un petit calculateur puis affichées sur un écran. Pour le moment, il ne s’agit que d’un écran d’ordinateur, mais l’équipe souhaite développer un écran à fixer au poignet, voire une application pour smartphone. Les ingénieurs recherchent actuellement des financements et des partenaires pour faire avancer ce projet qui leur a déjà permis, début mai, de monter sur la seconde marche du podium de l’Imagine Cup (une compétition internationale de technologies organisée par Microsoft). Pour suivre le développement du projet sur Facebook, c’est par ici.
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