The Dark Knight Rises : chiroptère à terre

Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. C’est ainsi que l’on peut résumer l’idée générale de cette “légende qui s’achève” – The Dark knight rises – qui sort demain. Bruce Wayne a depuis huit ans raccroché sa cape, son masque et ses gadgets. Souvenez-vous : à la fin du précédent film, le sombre héros acceptait d’endosser les crimes du défunt Harvey Dent (alias Harvey double face), afin que ce dernier demeure le héros immaculé dont Gotham City avait besoin, et que le programme de lois répressives votées par l’affreux puisse-être appliqué. Comme on est dans un film américain, le tout répressif ça marche : la criminalité a pratiquement été éradiquée. “On va être réduit à traquer les livres non rendus à la bibliothèque” ironise un policier. Du coup, non seulement Batman est devenu l’ennemi public numéro un, mais il est désormais inutile. Déchu, le héros broie du noir dans son luxueux manoir où il s’avachit peu à peu. A tel point que lorsque surgit un nouveau supervilain, le batman vieilli, usé et fatigué qui reprend du service ne fait plus vraiment le poids…

Avec cette idée de départ, le film s’annonçait plutôt bien. La thématique d’un héros courant après son passé glorieux augurait d’un Batman plus sombre et plus intéressant que jamais. Mais le réalisateur, Christopher Nolan, a choisi une voie plus facile : l’action et les effets spéciaux. Un genre qui s’accommode mal d’un héros boitillant. Du coup, il suffit d’une prothèse du genou et hop, notre chauve souris court de nouveau comme un lapin. Et pour le reste de ses tourments intérieurs, une petite épreuve façon “Fort Boyard” et le voila remis en selle, plus fringuant que jamais…

Du coup, on se dit que c’est le supervilain qui va porter le film. Un méchant digne de ce nom, avec cette étincelle de folie qui les conduit à échafauder des plans de destruction et de chaos, ça peut faire un super personnage. Souvenez vous du précédent épisode “The Dark Knight : Le Chevalier noir” !  Tout le film tenait grâce à Heath Ledger, qui incarnait un Joker frapadingue, imprévisible… Génial.

Alors, que vaut “Bane”, le méchant du dernier Batman ? Derrière son masque respiratoire, il fait bien pâle figure. Malgré sa carrure d’armoire à glace, il n’est pas plus impressionnant qu’un catcheur mexicain. Outre briser des nuques et multiplier les pains, sa principale compétence est de tenir de longs discours ampoulés un brin pénibles. Dommage encore une fois, car dans la BD, le personnage de Bane est dix fois plus inquiétant.

Ajoutez à cela quelques scènes un peu ridicules, comme cette charge de police façon “Braveheart”, tonfa au poing, sur l’armée des méchants armés, eux… de mitraillettes (heureusement que les héros américains sont imperméables au balles !) et vous comprendrez qu’on se dirige dangereusement vers la zone des navets.

Tout n’est cependant pas à jeter à la poubelle. Anne Hataway qui joue une Catwoman intrépide et débrouillarde; est très convaincante. Et comme l’objectif du film est de montrer des scènes et des cascades jamais vues précédemment, au moins, de ce côté-là on n’est pas déçu. La toute première scène vaut son pesant de cacahouètes. Et les nouveaux joujoux technologiques de Batman eux aussi valent le détour. Toutefois, contrairement à l’opus précédent, ce nouvel épisode du chevalier noir n’entrera pas au panthéon des super films de super héros.

Sortie le 25 juillet

Erwan Lecomte

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