1, 2, 3 papillons…

Y’a des jours comme ça où j’aimerais avoir un jardin : il pleut, la température hésite entre le glacial et le polaire, MAIS je sors tout juste du Muséum d’Histoire naturelle où des scientifiques passionnés m’ont donné la furieuse envie d’aller compter les papillons dans mon jardin. Celui que je n’ai pas…


Peut-être que vous, vous avez cette chance ? Alors vous DEVEZ
participer à l’expérience collective soutenue par le Muséum, et qui
s’intitule “l’Observatoire des papillons des jardins”. Tout est dans le
titre : chacun d’entre nous est chargé d’observer les papillons qui
fréquentent notre gazon, de les compter et de les identifier grâce à ce
petit
guide
.

Et pour quoi faire, me direz-vous ? Simplement pour savoir si les
papillons – qui représentent tout de même 10% des espèces animales
connues – ne seraient pas, par hasard, en train de disparaître ! Il y a
en effet de sérieuses raisons de s’inquiéter : en Grande-Bretagne ou au
Danemark, où des dizaines de milliers de personnes observent déjà ces
petites bêtes, on a constaté que leur population était en chute libre
depuis vingt ans. Principaux suspects: la destruction de leur habitat
et l’utilisation de pesticides.

Et en France alors ? Pour l’instant, on n’en sait rien. Mais 4000
personnes se sont inscrites à l’Observatoire en 2006, et les données
qu’elles ont collectées (visibles ici )
ont permis de dresser une première carte de la population des
papillons. Une sorte de “point zéro”, auquel on pourra comparer les
résultats des années à venir, et ainsi, voir si ces charmantes
bestioles courent ou non à la catastrophe.

Cette première année a déjà révélé quelques détails intrigants, comme
l’arrivée d’une espèce venue d’Afrique du Sud, le “Brun des
pélargoniums”. Après s’être installé aux Baléares puis en Espagne,elle
a commencé à envahir les pots de géranium en France ! Ce petit brun va
d’ailleurs être étudié de plus près en 2007. L’armée des observateurs
de papillons va essayer de comprendre comment il annexe de nouveaux
territoires: à la force de ses p’tites ailes musclées, ou en profitant
des transports de pots de géraniums ?

Si vous aimez les bestioles, et si vous avez la chance de posséder un
jardin, foncez-vous inscrire sur www.noeconservation.org pour
participer à la saison 2007 ! A plus forte raison si vous habitez dans
le Nord, le Sud ou l’Est du pays – où il y a moins de participants que
dans le Grand Ouest. Plus il y aura de monde, plus les informations
collectées seront intéressantes pour les scientifiques ! Il paraît même
qu’un balcon un peu fleuri peut faire l’affaire. Alors, c’est décidé :
sitôt ce post terminé, je cours planter quelques bulbes sur le mien…


Jérôme Blanchart


EN BONUS : Vous avez beau monter la garde, pas le moindre papillon à
l’horizon ? Une association bretonne vous donne le mode d’emploi pour
transformer votre jardin en havre pour papillons: cliquez
ici

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"