Le 1er juin 2009, l’Airbus A 330 du vol Rio-Paris se crashe dans l’Atlantique faisant 228 morts. Deux ans plus tard, alors que le mystère plane encore sur les causes de l’accident, l’épave de l’avion est enfin retrouvée au large du Brésil à 3900 mètres de profondeur. Sur place, des débris d’avion, un train d’atterrissage et des corps… Les enquêteurs retrouvent espoir : s’ils dénichent les boîtes noires, ils pourront expliquer comment cet appareil sophistiqué a sombré dans l’océan ! Mais comment retrouver ces fameuses boîtes ? En quoi peuvent-elles dénouer l’intrigue ? Que contiennent-elles ?
A l’intérieur de ces caisses, on trouve des dispositifs permettant d’enregistrer deux types de données. Tout d’abord, des enregistreurs phoniques consignent les conversations du personnel de bord dans le cockpit. Ensuite, un système informatique enregistre et stocke les paramètres de vol comme l’altitude, la pression, la vitesse ou encore l’heure… Les appareils les plus perfectionnés enregistrent jusqu’à 1300 paramètres différents !
Pas étonnant que le Bureau d’Enquête et d’Analyse (BEA), l’organisme chargé de l’investigation, se mette en quatre pour les retrouver… Mais où chercher les boîtes ? Quand ils se trouvent immergés, ces appareils de haute technologie émettent des ultrasons pour signaler leur présence… mais seulement pendant trente jours ! Or cela fait déjà presque deux ans que l’avion s’est échoué. Pas de panique, les enquêteurs savent très bien où scruter les profondeurs. Les boîtes noires sont toujours placées à l’arrière de l’avion, derrière la cloison de pressurisation et sous le plancher : c’est la partie qui se conserve le mieux en cas d’impact avec le sol ou la mer. Autre indice : ces boîtes sont de couleur… rouge ou orange ! La feinte… Ainsi, elles sont plus faciles à repérer en cas d’accident.
A la recherche des boîtes rouges, les enquêteurs explorent en ce moment même la zone des débris qui s’étend sur 120 000 m2. Dés qu’elles seront localisées , des sous-marins de poche dotés de bras articulés et de découpeuses désincarcéreront les enregistreurs pour les remonter à la surface. Puis des ingénieurs analyseront les données consignées dans ces précieux appareils.
Reste encore à savoir dans quel état se trouvent les boîtes…. Réputées indestructibles, les boîtes noires peuvent survivre au choc, à la pression de l’eau jusqu’à 5000 mètres de profondeur et même au feu. Elles peuvent rôtir à 1100 degrés pendant une heure et rester intactes ! Mais les enquêteurs ont tout de même des doutes… Le directeur du BEA a précisé qu’il n’avait jamais traité « des appareils de cette technologie qui ont passé presque deux ans sous l’eau ». Autrement dit, les boîtes noires pourraient être dégradées et ne jamais révéler les secrets du vol Rio-Paris…
Dans tous les cas, les enquêteurs vont bientôt remonter un maximum de pièces de l’épave pour les analyser. Des sous-marins autonomes poursuivront le quadrillage de la zone en prenant des clichés pour cartographier le parcours des débris et retracer la trajectoire de l’avion au moment du choc… Bref, l’enquête ne fait que commencer.
Caroline JURY
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