Comme un poisson… dans l’air

Un dirigeable de 8 mètres de long qui se déplace à travers les airs comme un poisson dans l’eau… Il suffisait d’y penser. Et même pas besoin de moteur ! Une idée originale – et poétique – de l’équipe de Christa Jordi du laboratoire d’essai des matériaux et de recherche, à Dübendorf, en Suisse.

Elle nous en apprend plus sur ce mécanisme : « Le dirigeable est gonflé à l’hélium, un gaz plus léger que l’air. Il est alimenté en électricité par une batterie, visible juste en dessous du ventre du poisson. C’est grâce au courant électrique que les flancs et la queue du poisson se contractent, de la même façon que le feraient des muscles. D’où la contorsion du ballon, un peu comme un accordéon, qui lui permet de progresser dans l’air ».

Et tout ça grâce aux « DEA » (« dielectric elastomers actuators»): ce matériel « intelligent » a la propriété de se déformer selon le courant électrique qui le traverse. Et sitôt qu’il n’y en a plus, il reprend sa forme initiale.

Vous voyez sur les côtés du poisson, ainsi qu’à la jonction entre le corps et la queue, des zones noires foncées? C’est le “DEA”. C’est à ce niveau que naissent les mouvements du ballon. L’électricité est distribuée alternativement d’un côté à l’autre du poisson. Quand un côté est alimenté, le flanc se dilate et s’agrandit. Quand l’électricité passe de l’autre côté, c’est lui qui est déformé, tandis que le premier retrouve sa taille première. Le corps du poisson avance comme une chenille. La queue, elle, s’agite de droite à gauche.

C’est ce mouvement de « pression-compression » qui fait avancer le dirigeable, sans que celui-ci n’ait besoin de courant d’air. « Eh ben oui, un poisson n’a pas besoin de courant pour nager, non ? » s’amuse Christa!

Marie Koenig

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Olivier Lascar

Journaliste Science&Vie Junior. Rubriques techno, ciné et web. "'J'en ai marre d'avoir toujours raison" - Jeff Golblum, "Jurassic Park"