Construire pour résister aux séismes

Table des matières Catastrophe au Japon

  1. Construire pour résister aux séismes

Difficile de ne pas trembler pour le Japon ! Après un terrible séisme, puis un tsunami, voilà une catastrophe nucléaire qui semble s’annoncer. Le plus triste dans tout ça ? S’il n’y avait eu que le séisme, les japonais s’en seraient plutôt bien sorti… Grâce à l’application de leurs normes parasismiques et l’expérience tirée des catastrophes passées, ils peuvent fabriquer des bâtiments résistants. Tokyo a vu ses gratte-ciel tanguer, mais pas s’écrouler !


Un constat sur lequel revient Marc Bouchon, de l’association française du génie parasismique : « Lors du séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter, survenu le 17 janvier 1995, à Kobé, 5500 personnes sont mortes suite à l’effondrement de plusieurs ouvrages. Depuis, les japonais ont analysé les cause et en ont pris compte pour la reconstruction. Un autre séisme est arrivé le 16 juillet 2007, dans  la région du Nord-Ouest de Tokyo, de magnitude 6 : il n’y a eu qu’une dizaine de victime. »

Le séisme survenu le 11 mars est le plus important que les japonais ont connu depuis plusieurs siècles, avec une magnitude de 9. Pourtant, les bâtiments ont résisté, pour la plupart.

« Construire “parasismique” est possible si on applique les principes de conception et les recommandations prescrites par les normes étatiques établies par les différents pays où le risque sismique existe » explique Marc Bouchon.

Petit panorama de cette démarche :

- Etape n° 1 : Connaître le niveau de sismicité de la zone de construction.

-Etape n°2 : Choisir un sol rigide : la surface sur laquelle repose la construction ne doit pas être molle ou argileuse. En cas de séisme, ces sols saturés en eau vont faire glisser et renverser le bâtiment.

- Etape n°3 : Opter pour une architecture régulière : Il faut notamment éviter les grands balcons, et les bâtiments à ailes (en forme de U ou de T). Pas de grandes ouvertures au rez-de-chaussée, non plus.

- Etape n°4 : Utiliser des structures déformables : notamment en utilisant des matériaux comme le bois, l’acier ou le béton armé. Ainsi, en cas de séisme, ils se déformeront mais ne céderont pas, un peu à l’image d’un roseau.

- Etape n°5 : Répartir les charges d’un étage à l’autre : Pas de masse trop importante en partie supérieure d’un immeuble.

- Etape n°6 : Dans les zones de forte sismicité, utiliser des appuis parasismiques : plutôt que de construire un bâtiment directement sur le sol, on le fait sur un socle constitué de caoutchouc, ou de matière élastique (appelées élastomères), qui amortiront les vibrations. On peut également rajouter des amortisseurs (piston avec de l’huile à l’intérieur), grosso modo identiques à celles qui existent sur une voiture.

Malheureusement, tous ces efforts sont vains contre un tsunami ! Cette vague géante a tout emporté sur son passage. Les mesures prises pour protéger les bâtiments contre les séismes leurs permettent de résister à des mouvements horizontaux, venant du sol. La seule façon d’empêcher les dégâts causés par un tsunami est de construire des digues pour leur barrer la route (ce qui a été fait, mais les vagues sont passées par-dessus ou se sont écrasées sur les murs, en finissant par les éventrer) ou de construire des maisons sur pilotis. Or, si les bâtiments étaient ainsi érigés, ils ne résisteraient pas aux séismes (cf : règle n° 3 : pas de grandes ouvertures au niveau du rez-de-chaussée).

Comme le Japon est secoué par près de 300 séismes par an et que les tsunamis sont plus rares, entre deux maux, il faut sans doute choisir le moindre… C’est en tout ce que l’on pouvait se dire jusqu’à ce que survienne le monstrueux scénario des jours passés.

Marie Koenig

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