Science

De la mousse à la rescousse des blessés

Sauver les militaires mortellement touchés en leur injectant de la mousse dans le ventre… C’est un projet délirant développé par l’armée américaine et présenté dans cette vidéo.

60 minutes chrono

Quand le sang s’écoule à l’intérieur du ventre, il ne peut pas être stoppé par un garrot ou une compresse. Impossible donc d’évacuer rapidement un soldat sans aggraver sa blessure… Pour sauver la vie du blessé, une seule solution : l’opérer pendant « l’heure d’or ». Quèsaco ? C’est un concept de médecine selon lequel un patient a des chances de survie maximum s’il est opéré moins de 60 minutes après avoir été blessé. Pour les scientifiques de la Darpa (la branche « recherche »‘ de l’armée américaine) l’enjeu est le suivant: suspendre l’hémorragie le temps que le soldat soit évacué du champ de bataille, afin de prolonger l’heure d’or jusqu’à son arrivée sur la table d’opération.

Besoin d’un coup de mousse ?

Pour cela, les chercheurs ont décidé de faire barrage au sang… à l’intérieur du corps ! Sur cette vidéo, les médecins des zones de combat injectent deux liquides au blessé au niveau des abdos (10s). Quand ils se rencontrent et se mélangent, des réactions chimiques se produisent : d’abord une mousse se développe (18s), puis elle durcit en formant une couche protectrice (23s). Les liquides se sont en fait transformés en molécules de polyuréthane, un plastique qui permet de confectionner des mousses pour isoler les maisons, des colles et des combinaisons de nageurs !

Hémorragie contenue, place à l’opération !

L’écoulement et la perte de sang sont stoppés par ce bouclier de plastique, qui peut rester en place au maximum pendant 3 heures… Un délai confortable pour transporter le blessé et l’opérer ! Le chirurgien enlève alors la mousse : après une simple incision, il peut retirer le plastique d’un bloc en moins d’une minute. Regardez sur la vidéo à 25 secondes, les intestins sont imprimés sur ce drôle de moule ! Selon les simulations, le taux de survie des patients au bout de 3 heures devrait passer de 8% à 72%… C’est sûr, avec une innovation pareille, la Darpa peut se faire mousser…

Caroline JURY