Cet été, j’ai visité une caverne en Dordogne. Aujourd’hui, c’est un peu mort, mais c’était très fréquenté il y a 30 000 ans. C’est un boyau long de 300 mètres, juste assez large pour laisser passer une personne. Mais ses murs… Ah, ses murs ! Des troupeaux entiers courent sur ces murs : chevaux et aurochs gravés, mammouths et même une superbe lionne… où que vous posiez le faisceau d’une torche, il tombe sur quelque animal gravé qui épouse les reliefs de la roche. Ce qui est stupéfiant, c’est qu’il suffit de bouger la source de lumière pour que ces gravures semblent s’animer. Les chevaux dotés de plusieurs paires de pattes, les aurochs de deux ou trois queues peuvent, au hasard des éclairages, s’agiter comme des « Gif animés ».
Ont-ils volontairement inventé ces dessins-animés ? C’est ce que pensent l’archéologue Marc Azema et l’artiste Florent Rivère. Selon eux, il y a 30 000 ans, les peintres et les graveurs avaient déjà eu l’intuition de la persistance rétinienne et s’en servaient pour créer leurs animations. Comme la lecture de leur publication dans le journal Antiquités est assez ardue, voici leur démonstration en vidéo:
De petits disques taillés dans de l’os, découverts dans plusieurs cavernes périgourdines, vont dans leur sens. Il s’agit de thaumatropes, des petits jouets optiques utilisant la persistance rétinienne pour créer une animation – on laisse la maman de Johnny Depp dans Sleepy Hollow vous faire une démonstration :
Jérôme Blanchart




