Science

Le réchauffement climatique ? Genghis lui dit merci !

En 1206, Genghis Khan unifie les tribus mongoles sous sa bannière. En 1227, il meurt à la tête d’un immense empire, recouvrant la moitié de l’Eurasie. Si l’on en croit les chercheurs américains Amy Hessl et Neil Pederson, il ne doit pas ce succès à son seul génie militaire, mais aussi… à l’herbe (non, pas celle-là).

De vieux arbres avec de gros cernes

Les chercheurs ont déniché des témoins directs, qui vivaient au XIIIe siècle non loin de Karakorum, la capitale de Genghis : des arbres, morts mais bien conservés par le climat sec et froid. Leurs cernes de croissance fournissent une indication annuelle du climat pendant toute leur vie. Plus les cernes sont larges, plus celui-ci était clément. Or, au cours des mille dernières années,  jamais ils ne sont si larges qu’entre 1208 et 1231 !

Chevaux à gogo

Autrement dit, pendant presque tout le règne de Genghis, les hauts-plateaux mongols ont connu une embellie unique, une période particulièrement humide et chaude, durant laquelle l’herbe devait être particulièrement abondante dans les prairies. Avec de la nourriture à gogo, les troupeaux de chevaux sauvages se sont alors multipliés. Or, les chevaux, c’est précisément l’arme ultime de l’armée mongole et de ses redoutables archers montés !

Sale temps pour les empires

Ça change du rôle de destructeur d’empires que les historiens attribuent généralement au climat !  Les Mayas en Amérique Centrale en ont sans doute été victimes, tout comme les civilisations méditerranéennes de l’âge de Bronze. Les caprices du climat, en ravageant les récoltes plusieurs années d’affilée,  seraient même en partie responsables de la révolution française…

Jérôme Blanchart

Source : http://www.ldeo.columbia.edu/research/blogs/mongolian-climate-culture