Leonard de Vinci en rêvait, Todd l’a fait

Un avion qui vole en battant des ailes ? Léonard de Vinci avait imaginé une telle machine au 15e siècle… Et c’est finalement Todd Reichert, un étudiant de l’université de Toronto, qui vient d’accomplir l’exploit! En effet, le mois dernier, le jeune homme est monté à bord du « Snowbird », un « ornithoptère » (c’est comme ça qu’on appelle ce type d’avion un peu spécial), pour s’envoler dans le ciel de Tottenham, au Canada.

Il a réussi à se maintenir dans les airs pendant 19,3 secondes, parcourant une distance de 145 m, à une vitesse moyenne de 25,6 km/h. Une prouesse? Certes oui, car aucun engin propulsé à mollets d’homme ne s’était envolé en battant des ailes. Pour y parvenir, Todd a du découper ce premier vol en deux phases bien distinctes.

Durant un premier temps, Todd ne fait rien de spécial: il est assis dans son cockpit et il attend. Car pendant ce temps, son avion est tracté par une voiture pour lui permettre de s’envoler, un peu à la façon d’un planeur. En effet, l’avion n’est pas équipé de son propre moteur: il fallait qu’il soit le plus léger possible pour se maintenir en l’air et du coup aucun équipement nécessaire au décollage n’a été ajouté.

Il a aussi été construit avec des matériaux légers, (comme des fibres de carbone et du bois de balsa). Au final, l’engin ne pèse que 43 kilos. Et Todd a même voulu perdre près de 8 kg pour mener à bien son challenge.

Bref, lorsqu’il est tiré par la voiture, l’avion « poids-plume » commence à s’envoler car il subit la fameuse « portance », une force nécessaire au maintien en vol de n’importe quel coucou et qui dépend notamment de la vitesse de l’avion, de son poids et du profil de ses ailes. Mais disons qu’en gros, l’air qui passe par-dessous les ailes le pousse vers le haut et que l’air passant au-dessus l’aspire dans le même sens.

Puis vient le moment où l’avion se détache de la voiture: c’est la seconde phase du vol. Todd prend le relai et pédale à toute vitesse pour actionner les ailes. Il lui faut de l’énergie: celles-ci sont d’une envergure de 32 m. Aussi larges que celles d’un Boeing 737! Snowbird a ainsi battu des ailes 15 fois! Une fois dans les airs, ” les  ailes bougent  verticalement,  mais  décrivent  aussi  un  mouvement d’ondulation,  afin  de  propulser  l’air  qui  arrive  de  face vers  l’arrière, pour  le  faire  avancer, nous a expliqué Todd. Alors,  l’ornithoptère  se  maintient  dans  les  airs  de  la  même façon  que  n’importe  quel  avion :  l’air  pousse  sur  les  ailes et  le  soulève.”  Au moment de revenir sur terre, un train d’atterrissage (constitué de petites roues) aide l’avion à se réceptionner au sol. Quand il a perdu assez de vitesse, l’ornithoptère s’incline et se couche sur l’une de ses ailes.

Une façon de se déplacer « pas très pratique », (c’est l’inventeur lui-même qui le dit !) mais qui fait rêver, non ?

L\’ornithopthère de Todd sur Youtube

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Marie Koenig