Quelle brute cet Astérix !

Quelle brute cet Astérix ! Le département de neurochirurgie de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf vient de consacrer une étude médicale aux lésions cérébrales provoquées par le petit gaulois et son compère Obélix, sur les pauvres Romains qui croisaient leur chemin.  Un article paru dans le « Journal Européen de Neurochirurgie » explique en détail combien de victimes ont pu faire nos irréductibles ancêtres. En tout 704 personnes ont été frappées et à 64 % ce sont des romains. L’étude souligne que «  dans 83 % des cas, les traumatismes crâniens sont infligées sous l’influence d’un agent dopant appelé « potion magique ». »

Mais pourquoi de très sérieux scientifiques ont décidé tout-à-coup de mener cette étude, pour le moins… originale ? Marcel Alexander Kamp, qui faisait partie de l’équipe de travail s’explique : « Nous préparions une étude sur le diagnostic et le traitement des patients atteints de lésions cérébrales traumatiques dans l’Egypte ancienne. A cette période, je lisais une des BD d’Astérix et je me demandais comment les blessures infligées par les personnages pouvaient être considérées du point de vue d’un neurochirurgien. Ce fût le début de notre analyse. » En tout, ce sont cinq scientifiques de l’Université de Düsseldorf qui se sont penchés, pendant des semaines, sur les 34 BD d’Astérix : Marcel Kamp lui-même, Philipp Slotty,  Sevgi Sarikaya-Seiwert, le Professeur Steiger, le chef du département de neurochirurgie, et son adjoint le professeur Hänggi.

Une technique bien rôdée
« Nous avons étudiés les livres en recherchant les signes de lésions cérébrales, se souvient Marcel Kamp. Pour cela, nous avons essayé d’examiner les personnages avec des examens que nous utiliserions pour nos propres patients. Nous avons, par exemple, quantifié le degré de conscience grâce à ce que nous appelons l’échelle de Glasgow. » Pour faire simple, c’est une échelle allant de 3 (coma profond voire mort) à 15 (personne consciente) qui s’évalue à partir de trois critères : l’ouverture des yeux, la réponse verbale et les mouvements du corps / réflexes. Marcel Kamp nous révèle quelques-unes de ses trouvailles : « On se trouve probablement face à une lésion du nerf hypoglosse quand on remarque une langue tendue. On peut aussi noter que de nombreux personnages souffrent d’aphasie (difficulté à parler) ou d’amnésie (trouble de la mémoire). Par ailleurs, nous avons identifiés les ecchymoses périorbitaires (ce qu’on appelle les « yeux au beurre noir ») comme un signe de fracture basilaire…

 

Plutôt technique, hein ? Pourtant, cette étude n’est pas faite pour être réellement prise au sérieux. «  En médecine, il y a une tradition de ce qu’on appelle « les articles de Noël », explique Marcel Kamp. Nous n’avions pas l’ambition de faire des trouvailles sérieuses sur les traumatismes crâniens, ou de trouver des idées pour traiter nos patients C’était une sorte de « blague ». Mais nous avons eu beaucoup de plaisir à effectuer cette étude sur les personnages comiques d’une BD ».

Enfin, les chercheurs nous rassurent en peu en constatant qu’aucun mort n’est à déplorer au fil des aventures d’Astérix… Les traumas semblent s’estomper après quelques minutes voire quelques heures. Ouf !

Articles relatifs

Mots-clés : , ,

Marie Koenig