Retour vers le futur : les hologrammes

SVJ retourne dans le passé afin de voir comment on y voyait le futur. Aujourd’hui, on parle d’hologrammes.
« Au secours, Obi Wan Kenobi, vous êtes mon seul espoir ». Vous aurez bien sûr reconnu la réplique culte de la princesse Leia, sortie du premier Star Wars (1977). Si cette scène a tant frappé les esprits à l’époque c’est parce qu’elle fut à l’origine de la popularité de l’hologramme, l’une des plus belles trouvailles du cinéma de science fiction des années 70.
(Star Wars)
Si le cinéma semble avoir « inventé » l’hologramme dans les années 70 ce n’est pas vraiment un hasard. C’est en effet à cette époque que l’holographie se fait connaître du grand public. Si le procédé est connu depuis 1948, notamment grâce à  Dennis Gabor – ce dernier recevra un prix Nobel pour ses avancées en la matière en 1971 – le vrai coup de pub vient surtout de la mise au point du laser dans les années 60. A cette époque, les hologrammes sont des photographies d’objets réels (souvent des sculptures en plâtre ) réalisées grâce à un laser et apparaissant en relief sur une plaque photographique. Vous pouvez en voir en regardant n’importe quelle carte bancaire. Cette impression de relief va titiller l’imagination des scénaristes et des réalisateurs de films qui voient dans ce procédé un moyen futuriste de projeter des images et surtout des films.
Ainsi, les premiers hologrammes apparaissent alors dans les films de science fiction Zardoz (1974) et L’âge de cristal (Logan’s run), 1976. Il s’agit souvent de projections fantomatiques dont le but est avant tout de donner un aspect poétique au design du film.
(l’âge de cristal)
Grâce à Star Wars, ils deviennent alors un incontournable de l’imagerie de la science fiction. Au fur et à mesure, les hologrammes sont de plus en plus complexes, aidés par des effets spéciaux plus convainquants. Le principe d’images réalistes mais intangibles sert de ressort narratif dans de nombreux films et permet de jouer sur plusieurs niveaux de réalité. Il devient alors impossible de faire la différence entre une vraie personne et un hologramme, à moins de passer sa main à travers ce dernier. Ce principe est notamment utilisé dans le film Total Recall pendant lequel le héros joué par Arnold Schwarzenegger arrive à duper des soldats en laissant un hologramme se prendre des balles à sa place. Plutôt pratique !
(Total Recall)
Dans la série de films Star Trek, les hologrammes servent quant à eux de simulateurs de vie virtuelle, permettant aux soldats de l’Entreprise de simuler n’importe quel environnement afin de s’entraîner.
(Star Trek)
Enfin, ils servent surtout d’intermédiaire entre la machine et l’homme. Ainsi, le méchant Colonel Miles Quaritch planifie une attaque dans Avatar par l’intermédiaire d’une projection holographique tandis que Tony Stark alias Iron Man manipule directement les images projetées dans les airs.
(Iron Man)
Plus de 40 ans après le premier hologramme, l’avenir imaginé par Hollywood s’est-il finalement concrétisé ? S’il est aujourd’hui possible de capter l’image d’un objet et de le reconstituer en 3D grâce à la tomographie (technique consistant à filmer sous tous les angles un objet ou une personne afin d’en produire une image en trois dimensions), il est malheureusement impossible de la faire flotter dans les airs sans aucun support. Cependant, plusieurs procédés existent afin de nous en donner l’illusion. Ainsi, CNN programma lors des élections présidentielles américaines de 2008 la première interview holographique de l’histoire de la télévision.
(CNN)
Bien que la journaliste ait été filmée sous toutes les coutures par une trentaine de caméras HD et infrarouges disposées en cercle, la reconstitution de l’image n’était qu’une « vulgaire » incrustation numérique. Résultat des courses, le présentateur parlait en fait dans le vide !
D’autres procédés sont aussi présentés comme des hologrammes comme le concert « virtuel » de Gorillaz sur cette vidéo
En fait,  il ne s’agit que d’une illusion d’optique fabriquée grâce à un miroir situé dans la fosse. Ce dernier réfléchit une projection à travers une vitre transparente positionnée sur la scène. Ce procédé permet de faire apparaître des images flottantes mais ces dernières restent totalement plates échappant ainsi à la définition même de l’hologramme. Enfin, le meilleur moyen de donner l’illusion d’une image en 3D flottant dans les airs reste ce dispositif inventé par l’Institut de Technologie Créative de l’université de Californie du Sud.
Il s’agit en fait d’un miroir incliné qui tourne à plus de 15 tours par seconde et sur lequel est projetée l’image d’un objet qui a été filmé sous tous les angles. Au fur et à mesure que le miroir tourne, le projecteur ultra rapide envoie pendant une fraction de seconde l’image de l’objet sous un certain angle. Quand la fréquence de rotation est synchronisée avec la fréquences de projecteur, nous avons alors l’impression de voir apparaître l’objet en 3D sans avoir besoin de lunettes. L’effet est saisissant mais au final, nous sommes encore assez loin du moment où l’on verra apparaître la princesse Leia dans notre salon.
David-Julien Rahmil

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David Rahmil

Journaliste pigiste pour Science&Vie Junior. Geek notoire, spécialisé sur un tas de choses sérieuses comme la culture web, les robots ou les jeux vidéo.